Complet
vendredi 22 octobre 2021
19:30

SQUIDJI

Organisateur : La Boule Noire & Pedro Booking

20.00 €

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Il y a un an, Squidji était postier. À 22 ans, il est aujourd’hui considéré comme l’un des noms les plus prometteurs de sa génération. En cause ? Un univers lyrique et sensible, fait d’histoires passionnées et de rimes imagées, qui le démarque sur le devant de la scène rap française. Après des débuts sur SoundCloud aux côtés de Captaine Roshi et des Ultimate Boyz, avec lesquels il remplit le Trabendo à seulement 17 ans, le chanteur et rappeur originaire du 15ème arrondissement de Paris commence à attirer l’attention en 2018 avec le single « Doudou », qui cumule à ce jour plus de 10 millions de streams, et les EPs Brahma et Saraswati. Autant de projets qui permettent à ce garçon au tempérament introverti d’extérioriser ses émotions, d’exprimer son regard sur le monde qui l’entoure.

Coincée quelque part entre le romantisme de la chanson française et l’énergie incisive du hip-hop, la musique de Squidji est une poésie du moderne. Novatrice, elle attire rapidement les oreilles du label A+LSO (Sony), sur lequel il sort en septembre 2020 Parades. Porté par le sensuel « Feeling », cet EP annonçait l’arrivée de son tout premier album Ocytocine, à paraître au printemps 2021. Nommé d’après la molécule du plaisir et de l’amour, ce premier long format précise l’univers de Squidji : un son porteur d’espoir, via lequel il se fait le reflet d’une génération qui prône le vivre-ensemble et célèbre continuellement les femmes. « Dans la vie de tous les jours, je suis très souvent entourée de femmes, avec lesquelles je discute énormément, explique-t-il de sa voix ténue. Il est donc naturel qu’elles soient aussi présentes dans ma musique. »

Pour donner corps à cette musique, Squidji s’est entouré d’une équipe de choc, de véritables « Avengers », comme il aime à les surnommer. Réalisé par Prinzly (Damso), Ocytocine a été composé par Paco Del Rosso (Damso), Saint DX, Ponko (Hamza), Dioscures (Laylow), Ikaz (13 Block), Sofiane Pamart (Dinos) et Benjay (Damso). Pendant un an, ces compositeurs se sont réunis dans différents studios entre Paris, Bruxelles et le Sud de la France, dessinant au fur et à mesure de leurs sessions l’ADN musical de l’artiste.

Pensé comme un film autobiographique, Ocytocine se lit comme la bande-son de la vie de Squidji, avec un début, un milieu, une fin, et des interludes. Immersif, le disque nous plonge dans les aventures du Parisien, qui nous fait tour à tour revivre ses tribulations amoureuses (« Southside », « A.M.O.U.R. »), ses rides nocturnes désespérées (« Subaru », « Paris c’est noir », « Stripper »), avant de nous raconter sa rencontre salvatrice (« Oxygène », « Chanel Bag ») et sa renaissance (« Cicatrice », « Chrysalide »). « Ocytocine, c’est l’histoire d’un jeune homme qui se cherche, et qui finit par se trouver grâce à une rencontre qui le transforme », décrypte le rappeur.

Pour illustrer toutes les étapes menant à cette transformation, l’album se veut musicalement très riche. Il nous projette dans une multitude d’atmosphères que l’on traverse les yeux fermés, guidés par la voix de Squidji, qui se fait ainsi le fil conducteur de la narration. Introduit par l’épique « Nous », caractérisé par ses chants gospel, Ocytocine nous propulse dans une ambiance plus obscure avec « Subaru » et « Paris c’est noir », teintés de trap et de mélancolie. Avec le lumineux « A.M.O.U.R. », un piano-voix émouvant, le disque nous entraîne par la suite dans des contrées aériennes, où l’auteur se veut plus vulnérable que jamais. Et si ces morceaux s’inscrivent dans la continuité de ses premiers projets, d’autres, à l’instar de l’électronique « Southside », de l’astral « Chrysalide », ou encore de l'enivrant « Stripper » (dont les synthés pop ne sont pas sans rappeler ceux d’un « Sexy Back » de Justin Timberlake), affirment la capacité de Squidji à exceller dans tous les styles. « Ce projet, c’est un véritable arc-en-ciel, souligne-t-il. On y trouve toutes les couleurs. »

Ce qu’affirme également Ocytocine, c’est sa volonté de créer une musique universelle, qui s’adresse à toutes et à tous. Il n’y a qu’à regarder la liste des invité.e.s pour le comprendre : tout à la fois nourri par le flow mordant de Josman (« Subaru »), la sensibilité de Lous and The Yakuza (« Cicatrices »), l’univers brumeux de Lala &ce (« BZ »), la délicatesse de Jäde (« La Drague») et l’énergie solaire de Disiz (« Paradis Bleu »), véritable mentor aux yeux de Squidji, Ocytocine dépasse la notion de frontières. « Cet album s’adresse à tout le monde, parce qu’il parle d’amour, d’espoir, et de rencontres », analyse Squidji. « D’ailleurs, par le biais de toutes ces rencontres que j’ai faites, de tous ces gens avec lesquels j'ai travaillé... j’ai vraiment grandi, et évolué sur de nombreuses facettes de ma personnalité. » Et de conclure : « D’ailleurs, regarde : ça fait déjà quarante minutes que je parle ! Je n’avais jamais parlé aussi longtemps de toute ma vie ! »