jeudi 6 octobre 2022
19:30

Fantastic Mister Zguy

Première Partie : Tbc

Organisateur : GM EDITIONS

Ouvertures des portes : 19h30

Début du concert : 20h

16.00 €

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L’album “Épopée Cool” a été mixé à New York par Daniel James Goodwin (Kevin Morby, Devo, Bob Weir...). Cette épopée suit à la manière d’un film de Truffaut les aventures amoureuses d’un cœur à la fois éprisd’absolu et assailli par le doute. Le parfait cocktail sentimental pour des chansons qui rivalisent d’élégance et de charme à déguster sans modération ni tempérance.

 

Fantastic Mister Zguy

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Ghislain Chavanne est né il y a une trentaine d’années dans le 15ème arrondisse- ment. Il signe avec L’ÉpopéeCool, son quatrième album qui fait un bien fou. S’y échangent en loucedé cartes postales en couleurs et billets doux, souvenirs de vacances et rêves d’horizons lointains. S’y mêlent rocks échevelés, ballades tendres, nostalgie et fureur de vivre l’instant présent. Le tout assorti d’un habillage soulignant la polyvalence d’un musicien qui prend à son compte l’ensemble des compositions mais aussi tous les instruments, à l’exception de la batterie.
C’est que Mister Zguy (prononcez Zgaille) jongle avec les sons et les époques avec une intelligence devenue rare en ces temps où l’usage abusif des programmations informa- tiques et le recours systématique aux logiciels semblent en dispenser beaucoup de toutes re- cherches, voire de la moindre compétence. Du coup, sa démarche a le don de séduire l’oreille tout en rafraichissant la mémoire. A la manière d’un styliste de haute couture, il passe ici maître dans l’art de choisir les bonnes matières sonores et les meilleures correspondances, d’élire la couleur d’un clavier, d’un synthé en fonction d’une guitare, et de rendre contemporain ce qu’il emprunte au passé. Tout ça sur ce mode insouciant, faussement velléitaire, qui fait le charme éternel du Titi parigot. 

C’est pourtant bel et bien dans les eaux de l’Hudson River, de la Tamise ou de la Mersey, et non de la Seine, que ses racines musicales se sont d’abord abreuvées. Quand son frère aîné Mathieu, fan de rock, lui fait découvrir Rolling Stones, Beatles et autres Velvet Underground, Ghislain change de monde et de priorités. Se met à courir les rayons disques des magasins, s’enferme dans sa chambre pour y bricoler en autodidacte des reprises qu’il s’ingénie à enregistrer via Garage Band. En 2015, la chrysalide s’accélère lorsque sur une suite d’accords empruntée aux Gorillaz, il colle des paroles de sa composition. Le morceau intitulé Want Take You For Someone Else frôle aujourd’hui les 2 millions de streams sur Spotify et figure en bonne place sur un premier EP, «Shrimp Fishery», paru en 2015. D’abord adepte de l’enregistrement maison, il investit un véritable studio duquel sortiront trois albums à la suite, «King Shrimp» en 2019, «Queen Shrimp» en 2020 (les parties de pêche à la crevette en Norman- die de son enfance ont visiblement laissé des traces !) et «États D’Ames» un an plus tard où il délaisse la langue de Shakespeare pour celle de Francis Blanche. Album coup de cœur sur FIP, distingué trois étoiles dans Rolling Stone, l’album marque un tournant dans une carrière s’agrémentant désormais de bandes originales pour films et de synchros pour des marques renommées telles qu’Hermès ou Citroën. 

Ce saut de qualité trouve sa pleine mesure dans L’Épopée Cool. Mixé à New York par Daniel James Goodwin (Kevin Morby, Devo, Bob Weir...) cette épopée suit à la manière d’un film de Truffaut les aventures amoureuses d’un cœur à la fois épris d’absolu et assailli par le doute. Entre La Peau Douce et Baisers Volés avec quelque chose de Polnareff de L’Amour Avec Toi. Soit le parfait cocktail sentimental pour des chansons qui rivalisent d’élégance et de charme à déguster sans modération ni tempérance. C’est qu’avec Mister Zguy la « chanson pop » ressuscite en nous ce péché si mignon que la cacophonie ambiante avait sérieusement endormi : la gourmandise. Il y a les morceaux « pommes d’amour » à croquer à belles dents comme La LouveAlter Ego et Le Monde Polychrome avec son tropisme « retour vers l’innocence » façonJonathan Richman & The Modern Lovers. Et les morceaux « barbe à papa » comme Dance With Me qui collent délicieusement au palais, aux lèvres, au menton. Il y a ceux comme Mon Ami Fantastique où se reconstitue la photo d’un paradis perdu, ou jamais trouvé, celui des voyages et des étreintes fantasmées. Il y a la rêverie noctambule d’Au Balcon de l’Insomnie hantée par les réminiscences d’un amour parti en fumée. Il y a Un Petit Tu Me Manques où le souvenir des promesses jamais tenues suffit à restituer la saveur d’une adolescence heureuse mais chahutée côté cœur. Si Ghislain se montre à ce point inconditionnel des sources analogiques, c’est pour mieux marquer son territoire : celui d’un romantisme assumé qu’il sait rendre chatoyant par sa science de la polychromie sonore et contemporain par sa quête sincère et éperduede l’éternel grand amour.